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Ne pas laisser pour compte les jeunes 2LGBTQ+ : Comprendre l'inclusion sous le pilier protection

Updated: Sep 17

*Avertissement de contenu : Ce blog traite des sujet de violence sexuelle et violence basée sur le genre.



Le 15 juin 2021, par Alexandria Bohémier


Les jeunes 2LGBTQ+* artisan(e)s de la paix ne sont pas souvent inclus dans les conversations concernant les enjeux de paix et sécurité. D’autant plus, certains sont implicitement exclus par le langage binaire utilisé dans les politiques et engagements, tel que les catégorisations hommes/femmes plutôt que l’utilisation de la terminologie inclusive de personnes, gens et individus. De grands organismes qui travaillent sur les enjeux de paix et sécurité, tout comme Alerte internationale qui a publié un article (disponible en anglais) sur les risques et les obstacles supplémentaires auxquels les artisan(e)s de la paix de la communauté 2LGBTQ+ vivent ; soulignant que les membres de la communauté sont en danger simplement en existant, qu’ils militent pour la paix ou non. De plus, Alerte internationale a souligné que malgré la vulnérabilité augmentée de cette population nombreuse et diversifiée, elle reste souvent exclue de la recherche et des programmes de paix et de sécurité. Les jeunes membres de la communauté 2LGBTQ+ sont en grande majorité en train de militer pour des sociétés plus pacifiques et inclusives, et ils doivent être reconnus et inclus en tant qu’acteurs principaux dans les milieux.

La résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a mis sur pied l’agenda Jeunes, paix et sécurité (JPS) repose sur cinq piliers clés : la participation, la protection, la prévention, le partenariat, et le désengagement et la réintégration. Le pilier de la protection vise à défendre des droits de la personne des jeunes et à tenir responsable les personnes qui ont commis des crimes contre eux. Sous le pilier de la protection, la résolution appelle tous les partis prenants à protéger les jeunes contre toutes formes de violence sexuelle et la violence basée sur le genre (VBG). La violence sexuelle et la VBG sont utilisées comme arme de guerre et comme moyen d’exercer un contrôle et d’apporter la peur et l’intimidation. L’une des formes de violence sexuelle et VBG subie par la communauté 2LGBTQ+ dans maintes communautés est le viol correctif.

Selon ONU Femmes, le viol correctif se produit lorsqu’un membre suspect ou confirmé de la communauté 2LGBTQ+ est violé dans le but de forcer cette personne à se conformer aux attentes cisgenres et hétérosexuelles. Par exemple, si une femme lesbienne est violée par un homme hétérosexuel dans le but de la rendre hétérosexuelle, il s’agit d’un viol correctif. Dans certaines situations, le viol correctif est organisé par les parents ou les membres de la famille d’un individu comme une forme extrême de thérapie de conversion. La thérapie de conversion est une pratique dangereuse qui vise à changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’un individu.

Le viol correctif en tant que forme de la violence sexuelle et VBG est parmi de nombreux exemples où les jeunes 2LGBTQ+ sont confrontés à des obstacles supplémentaires et à des violations des droits de la personne. Pour s’assurer que le pilier de la protection n'oublie pas une population significative, des considérations sur les protections supplémentaires nécessaires pour les jeunes 2LGBTQ+ doivent être incluses. L’identité et le vécu d’une jeune lesbienne ne peuvent être séparées ; elle subira des violences et d’autres violations des droits de la personne en raison de son âge, de son genre et de son orientation sexuelle, en plus de toutes autres identités superposées qu’elle pourrait avoir. L’éducation, la recherche, la collecte de données et le suivi des priorités de l'agenda JPS auxquelles sont confrontées les jeunes 2LGBTQ+ devraient être menés par des organismes de paix et de sécurité pour garantir que les jeunes 2LGBTQ+ ne soient pas laissés pour compte. Ce travail doit être fait en gardant à l’esprit les problèmes de sécurité et par le leadership des jeunes membres de la communauté. Le viol correctif n’est qu’un exemple, parmi tant d’autres, qui démontre la nécessité de l’intégration des jeunes 2LGBTQ+ dans tous les aspects du programme JPS.


*Se référant aux membres de la communauté qui s'identifient comme bispirituels, lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, de genres divers, de genre fluide ou d'autres orientations sexuelles.


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Au sujet de l’auteur :


Alexandria Bohémier est une militante lesbienne en maîtrise en études de développement et de la diplomatie à l'Université pour la paix mandatée par les Nations Unies. Elle est cofondatrice et membre du comité de directeurs de la Coalition canadienne pour l’agenda Jeunes, paix et sécurité.


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